When Black is Burned / Vues d'expositions

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Casa Galeri, Istanbul, 2021

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Photo London Fair, Galeria Carlos Carvhalo Arte, 2021

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Atelier 69, 2020

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Atelier 69, 2020

When Black is Burned

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When Black is Burned

2021

«Plastic Colors», «Moisson rouge», «When Black is Burned»: les titres mêmes des séries de Marguerite Bornhauser nous indiquent immédiatement ce qui la préoccupe, ce qui motive sa pratique de bout en bout. La couleur, pour Bornhauser, n’est pas seulement le sujet ou l’axe de son œuvre, mais une façon de percevoir, de re-voir et de représenter le monde. Et son monde est un monde qui, à première vue, peut sembler quelque peu différent du nôtre, avec ses fragments de vie quotidienne, ses détails, ses visages et ses paysages. Or, c’est la nature de la réponse esthétique de Bornhauser à ce qu’elle voit autour d’elle qui en fait l’une des jeunes photographes les plus importantes de la scène française contemporaine.

L’histoire de la photographie regorge d’alchimistes comme Bornhauser. Sans doute, William Eggleston restera à jamais le premier d’entre eux, et Wolfgang Tillmans le plus influent, du moins pour la période récente. Ces deux précurseurs de la pratique de Bornhauser identifient et donnent à voir des éléments du monde qui les entoure tel qu’eux seuls le voient, transformant leurs images en photographies d’une poésie et d’une beauté à couper le souffle, souvent au travers d'une utilisation profondément personnelle de la couleur. Lors de son premier projet d’envergure, «Plastic Colors», Bornhauser est partie en quête de tons acides et artificiels associés à des matériaux et des objets manufacturés. Elle a amené son public au plus près de leur surface en intensifiant et rehaussant une palette de tonalités et de teintes déjà puissante. Outre ce processus initial de sélection, d’isolement et d’amplification, Bornhauser avait déjà mis en place une pratique de juxtaposition et de séquencement qui soulignait davantage encore le potentiel chromatique de chaque image prise individuellement. Son usage des diptyques – que ses photographies se rejoignent, dans le cas des livres, à la pliure ou qu’elles soient accrochées en grand format sur les murs des salles d’exposition – est depuis devenu une dimension essentielle de sa pratique.

Dans des projets récents tels que «Moisson Rouge» (exposé en 2019 sous le titre «Red Harvest» à la Maison européenne de la photographie, à Paris, et publié depuis sous forme de livre) et «When Black is Burned», les couleurs et les tons de Bornhauser se sont faits plus subtils et naturels, principalement en raison de son intérêt marqué pour les corps et les plantes. Mais ici aussi, l’attention que la photographe porte aux possibilités offertes par la juxtaposition des images dote la simplicité (apparente) de chaque composition d’une sophistication nouvelle. Le titre «Moisson rouge» fait référence à un roman policier de Dashiell Hammett dans lequel la description des détails chromatiques joue un rôle déterminant. Dans cette série, Bornhauser met en place un jeu visuel fascinant qui repose à la fois sur les similarités et les différences entre des épisodes de couleur, de lumière et d’ombre, issus d’une gamme hétérogène de sources. Le rouge se répand sur la page depuis des pétales de fleur jusqu’à un bikini inondé de soleil; des enchevêtrements d’ombres réunissent des tissus drapés et une paire de bras; ailleurs, des bleus profonds, des orange éclatants et des terres d’ombre brûlée rassemblent des scènes disparates et dissociées de la vie végétale, humaine et vestimentaire.

Cette approche, considérée dans son ensemble, nous rappelle combien la couleur peut résonner non seulement d’une image à une autre, mais aussi d’un lieu ou d’un moment à un autre. La couleur comme thème, ou plutôt comme moyen de production de représentations photographiques du monde réel qui excèdent la somme de ses parties, devient une sorte de projection psychologique dans – ou sur – le quotidien. C’est en un sens la raison pour laquelle Marguerite Bornhauser a tant en commun avec des écrivains comme Dashiell Hammett, des peintres comme Henri Matisse ou des théoriciens comme Gaston Bachelard, chacun des trois hommes possédant une sensibilité unique et personnelle à la couleur. Elle a plus d'accointances, pourrait-on dire, avec les abstractions linguistiques et visuelles dérivées ou issues de la couleur qu’avec d’autres photographes qui conçoivent la couleur comme une simple question technique à résoudre et à exploiter.

Dans son travail le plus récent, Bornhauser aborde non seulement la couleur au sein du champ visuel mais aussi comme un processus de création de photographies en tant qu’objets du monde. De ses somptueux tirages en Cibachrome (pour beaucoup, le nec plus ultra de la reproduction photographique en couleur) jusqu’à ses dernières expériences en matière d’image animée et d’impression sur tissu, la photographe se lance dans une nouvelle phase de sa pratique consistant à nous re-montrer le monde qui nous entoure comme plus lumineux et plus beau: elle est attentive à la façon dont ses images occupent l’espace, tout en ne s’éloignant jamais des vérités singulières cachées au cœur des choses qu’elle seule voit. 


Simon Baker, directeur MEP